Elle était servante dans le canton suisse de Glaris.
Elle était d’une stature imposante, avait une allure épanouie et rougie, des cheveux et des sourcils noirs avec des yeux gris un peu malsains.
Elle servait le médecin Johann Jacob Tschudi et ses 5 filles.
Jusque là, rien que de très banal.
Jusqu’au jour où Anne-Miggeli Tschudi tomba malade après le congédiement de la servante.
Les signes de la pathologie étaient de la fièvre, des convulsions, des crachats sanguinolents.
La servante fut accusée d’avoir ensorcelé Anne-Miggeli en introduisant des aiguilles dans son bol de lait ainsi que dans celui de Susanna, une autre fille des Tschudi.
On arrêta la servante, l’accusant de pratiquer la magie noire sur l’enfant.
Le 21 février 1782, à Glaris, elle fut soumise à la torture afin qu’elle avoue ses liens avec le diable.
Le procès fut rapide. Elle fut condamnée, officiellement pour empoisonnement, par le tribunal de Glaris à être décapitée.
Cela eut lieu le 18 juin 1782.
Moins de quatre mois après l’ouverture du procès…
Elle s’appelait Anna Göldi.
Pourquoi cette histoire ?
Pour une simple raison :
Aujourd’hui un journaliste glaronnais Walter Hauser milite pour sa réhabilitation.
Il fait valoir entre autres raisons que le tribunal, le Conseil évangélique, n’avait aucune compétence légale pour juger Anna.
Mais il s’interroge aussi sur l’influence du patron-amant qui voulait à tout prix taire ses faiblesses charnelles.
Parce qu’il est toujours facile d’accuser son chien d’avoir la rage dans le but de s’en débarrasser.
Les procès d’intention sont ils efficaces quand on sait ce qui anime les accusateurs ?
Parce qu’il est facile de juger sans rien savoir.